Quiz de sensibilisation aux handicaps : 20 questions-réponses prêtes à animer
Ludovic Sarron
Fondateur Han1Pro · Expert handicap en entreprise · TIH
15+ ans d'expérience · 5 000+ salariés sensibilisés · EDF, VINCI, Radiall, CEA

Tout le monde propose un quiz handicap en entreprise. Presque personne ne publie les questions, et encore moins les réponses. Les voici, avec la source de chacune.
La réponse en bref
Un quiz de sensibilisation aux handicaps en entreprise se compose de 20 questions à réponse courte, corrigées immédiatement et sourcées. Il s'anime en 20 minutes : 2 minutes de cadrage, 12 minutes de questions, 6 minutes de débrief. Son rôle est de corriger les idées reçues factuelles, pas de remplacer une mise en situation.
Pourquoi le quiz fonctionne mieux qu'un exposé
Un exposé sur le handicap demande à vos collaborateurs d'écouter une information qu'ils croient déjà connaître. Le quiz fait l'inverse : il leur demande d'abord de s'engager sur une réponse, puis leur montre qu'elle était fausse. Cet écart entre ce qu'on croit et ce qui est vrai est exactement ce qui rend l'information mémorable. C'est aussi le seul format qui rend visible, en trente secondes et sans mettre personne en cause, l'ampleur des représentations erronées dans une équipe.
Le revers : un quiz ne produit aucun changement de comportement à lui seul. Il installe un socle factuel commun. Ce qui transforme ensuite, c'est le vécu — une mise en situation, un témoignage, une scène jouée, comme dans nos ateliers immersifs en entreprise. D'où l'arbitrage suivant, à poser avant de programmer quoi que ce soit.
| Usage du quiz | Durée | Ce que ça produit | La limite |
|---|---|---|---|
| Quiz en autonomie (papier, intranet, appli) | 15 à 20 min | Corrige les idées reçues factuelles, mesure le niveau de départ | Effet volatil, aucune trace collective, taux de participation faible |
| Quiz animé par un référent interne | 20 à 30 min | Ouvre la discussion, légitime le sujet en interne à moindre coût | L'animateur doit savoir traiter une réponse fausse sans humilier |
| Quiz en ouverture d'une animation | 10 min + animation | Crée la tension utile avant le vécu, rend le débrief bien plus dense | Suppose de coordonner le déroulé avec l'intervenant |
| Quiz seul comme programme SEEPH | 20 min | Une case cochée dans le plan d'action | Perçu en interne comme un alibi, effet contre-productif |
Le mode d'emploi : 20 questions en 20 minutes
Minute 0 à 2 : annoncez la règle. Personne ne note, personne ne perd. Le quiz teste des idées reçues collectives, pas des individus.
Minute 2 à 4 : faites voter avant chaque réponse, à main levée ou par téléphone. Sans vote, pas d'engagement, donc pas de mémorisation.
Minute 4 à 16 : 20 questions, environ 35 secondes chacune. Réponse, source en une phrase, un commentaire court, on enchaîne.
Minute 16 à 18 : traitez les erreurs sans jamais désigner qui s'est trompé. La formule qui marche : « on est très nombreux à croire ça ».
Minute 18 à 20 : une seule question de débrief, « qu'est-ce que je change lundi matin ? ». Notez les réponses, elles serviront au plan d'action.
Trois réflexes d'animation font la différence entre un quiz qui détend et un quiz qui crispe.
Corriger le fait, pas la personne
On ne dit jamais « vous vous êtes trompés ». On dit « cette idée est très répandue, voici d'où elle vient ». L'erreur devient un objet d'étude collectif.
Ne jamais faire deviner qui est concerné
Aucune question ne doit amener le groupe à identifier une personne dans la salle. Une RQTH est une donnée de santé : sa divulgation appartient à son titulaire, à personne d'autre.
Citer la source à voix haute
Un chiffre sans source se discute pendant dix minutes. Un chiffre avec sa source se retient. Dites « Agefiph », « code du travail », « Légifrance » à chaque réponse chiffrée.
Série 1 — Les chiffres que tout le monde croit connaître
1. Quelle part des situations de handicap est invisible ?
Réponse : plus de 80 %. C'est le chiffre de référence de l'Agefiph. Autrement dit, dans votre open space, la grande majorité des personnes concernées ne se repèrent à aucun signe extérieur.
2. Le handicap est-il surtout présent dès la naissance ?
Réponse : non. Plus de 80 % des situations de handicap surviennent au cours de la vie, à la suite d'un accident, d'une maladie ou de l'usure professionnelle (Agefiph). Le handicap n'est pas une catégorie de population, c'est un risque de parcours.
3. Combien de personnes sont concernées en France ?
Réponse : environ 12 millions, soit 1 Français sur 5 (Agefiph). Sur un site de 400 salariés, l'ordre de grandeur donne une idée du nombre de collègues concernés, qu'ils l'aient déclaré ou non.
4. Vrai ou faux : le fauteuil roulant représente la majorité des situations de handicap ?
Réponse : faux. Le pictogramme au fauteuil est un symbole de signalétique, pas une statistique. Il désigne une minorité de situations, alors même que plus de 80 % des handicaps sont invisibles. Je suis moi-même en fauteuil, et c'est la question sur laquelle une salle bascule le plus souvent : les gens réalisent qu'ils cherchaient le handicap au mauvais endroit.
5. Quelle part des handicaps nécessite un aménagement de poste ?
Réponse : une minorité. Selon l'Agefiph, 80 % des handicaps ne nécessitent aucun aménagement du poste de travail. La peur du coût et de la complexité, principal frein au recrutement, repose donc sur une situation qui est l'exception.
Série 2 — RQTH, OETH : ce que dit vraiment la loi
6. À partir de quel effectif une entreprise doit-elle employer des travailleurs handicapés ?
Réponse : 20 salariés, à hauteur de 6 % de l'effectif. C'est l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH). En dessous du seuil, aucune obligation d'emploi ni contribution (Urssaf).
7. Qui délivre la RQTH ?
Réponse : la CDAPH, au sein de la MDPH du département. Elle l'attribue pour une durée de 1 à 10 ans renouvelable, ou sans limite de durée lorsque la situation n'est pas susceptible d'évoluer favorablement (Mon Parcours Handicap). Ce n'est ni l'employeur, ni le médecin du travail.
8. Un salarié doit-il déclarer sa RQTH à son employeur ?
Réponse : non. C'est une démarche strictement volontaire, et le salarié choisit le moment. Une part importante des personnes reconnues ne le dit jamais à leur employeur, ce qui explique l'écart entre le taux d'emploi déclaré et la réalité des équipes.
9. Un employeur peut-il demander la nature du handicap ?
Réponse : non. C'est une donnée de santé, couverte par le secret médical. L'employeur peut connaître le statut de bénéficiaire, jamais le diagnostic. Seul le médecin du travail se prononce, et uniquement sur l'aptitude et les aménagements à mettre en œuvre.
10. La RQTH est-elle le seul statut qui compte dans les 6 % ?
Réponse : non. Les bénéficiaires de l'obligation d'emploi couvrent aussi les titulaires de l'AAH, les personnes ayant une rente pour accident du travail ou maladie professionnelle avec une incapacité permanente d'au moins 10 %, les titulaires d'une pension d'invalidité réduisant d'au moins deux tiers leur capacité de travail, ou encore les pensions militaires d'invalidité.
11. Une action de sensibilisation peut-elle être déduite de la contribution ?
Réponse : oui, dans une limite précise. Les actions de sensibilisation et de formation des salariés figurent parmi les dépenses déductibles de la contribution annuelle, dans la limite de 10 % de son montant (article D5212-23 du code du travail). Ce plafond est distinct de celui applicable à la sous-traitance.
Série 3 — Handicaps invisibles et neurodiversité
12. Citez trois handicaps invisibles.
Réponse : au choix — diabète, troubles dys, cancer en cours de traitement, troubles psychiques, surdité appareillée, endométriose, sclérose en plaques, dépression sévère. Cette question sert de test de réalité : la plupart des salariés en citent un, rarement trois.
13. Depuis 2005, le handicap se définit-il par la déficience de la personne ?
Réponse : non, par l'interaction avec l'environnement. L'article L114 du code de l'action sociale et des familles définit le handicap comme une limitation d'activité ou une restriction de participation à la vie en société, subie dans son environnement. Changez l'environnement, vous changez le handicap.
14. Combien de grandes familles de handicap distingue-t-on ?
Réponse : six, couramment. Moteur, sensoriel (visuel et auditif), psychique, mental ou intellectuel, cognitif, et maladies invalidantes. La loi de 2005, elle, raisonne par fonctions altérées : physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques.
15. Handicap psychique et handicap mental, est-ce la même chose ?
Réponse : non. Le handicap psychique n'affecte pas les capacités intellectuelles : il touche la régularité, l'énergie, la vie relationnelle. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente en entreprise, et celle qui produit le plus de maladresses managériales.
16. La langue des signes française est-elle une langue à part entière ?
Réponse : oui, depuis la loi du 11 février 2005, qui l'a inscrite à l'article L312-9-1 du code de l'éducation. Ce n'est ni un code, ni du français gestuel : la LSF a sa propre grammaire et sa propre syntaxe.
Série 4 — Au quotidien, dans l'équipe
17. Qui décide des aménagements de poste ?
Réponse : le médecin du travail préconise, l'employeur met en œuvre. Le salarié n'a pas à négocier seul son aménagement, et l'Agefiph pour le privé comme le FIPHFP pour le public peuvent participer au financement des surcoûts liés à la compensation.
18. Où en est le taux de chômage des personnes en situation de handicap ?
Réponse : autour de 12 %, soit nettement au-dessus de la moyenne nationale, avec plus de 515 000 demandeurs d'emploi concernés (tableau de bord Agefiph). Le taux d'emploi dans les entreprises assujetties reste, lui, en deçà de l'objectif légal de 6 %.
19. Un collègue en situation de handicap semble en difficulté : que faites-vous ?
Réponse : vous demandez, et vous acceptez le non. « Est-ce que je peux vous aider ? » suffit. Aider sans demander, c'est décider à la place de l'autre. En quinze ans d'interventions, c'est la phrase que je répète le plus, et celle qui produit le plus de changements concrets dès le lendemain.
20. Quand se tient la SEEPH 2026, et le DuoDay ?
Réponse : du 16 au 22 novembre 2026, avec le DuoDay le jeudi 19 novembre. Terminer par cette question a un intérêt pratique : elle enchaîne naturellement sur votre programme d'animations pour la SEEPH et transforme le quiz en point de départ plutôt qu'en action isolée.
Les 3 questions à ne jamais poser
« Quel est votre handicap ? »
Formulée à la cantonade, elle met les personnes concernées en position de se justifier devant l'équipe. Elle porte sur une donnée de santé, que personne n'a à divulguer pour participer à un quiz.
« Devinez qui, ici, est concerné »
Le jeu de devinette transforme des collègues en énigme et provoque exactement ce qu'on veut éviter : le regard scrutateur. Aucun apprentissage ne justifie ce coût.
« Préféreriez-vous être aveugle ou sourd ? »
La question hiérarchise les handicaps et installe une échelle du pire. Elle amuse cinq secondes et abîme la crédibilité de toute la séance auprès des personnes concernées.
Le point commun de ces trois questions : elles déplacent la charge sur les personnes concernées au lieu de la mettre sur les représentations du groupe. Un bon quiz interroge ce que la salle croit savoir, jamais ce que les gens vivent. Le même principe gouverne tous nos outils de communication et de sensibilisation aux handicaps.
Et après le quiz ?
Vingt questions posent un socle factuel. Elles ne font pas vivre la situation. C'est le rôle des ateliers de sensibilisation aux handicaps : parcours en fauteuil, parcours à l'aveugle, mises en situation qui déplacent le corps avant de déplacer les idées. La séquence qui marche le mieux tient en trois temps : quiz en ouverture, atelier ou spectacle au centre, débrief avec la direction en clôture.
Ce déroulé, Ludovic Sarron l'a rodé en quinze ans et plus de 250 entreprises accompagnées, en tant que travailleur indépendant handicapé et vice-champion du monde de basket fauteuil. Le quiz n'est pas l'animation : c'est ce qui la rend utile.